Accueil > Nos Actions > Journal de Bord des Opérations > Vacances Scientifiques > Paléo Labo+ Musiflore > Paléo Labo+ 19-26 juillet 2026
Le Journal de Bord
Lundi 20 juillet 2026
Aujourd’hui, c’est le début du séjour paléo à Musiflore ! On a commencé la journée en découvrant le labo où on passera la semaine pour étudier nos trouvailles.
Après avoir vu comment la semaine va se dérouler, nous avons fait une chasse au trésor. Le but était de trouver des fossiles et de les associer à des énigmes et à des photos pour reconstituer l’histoire de la vie sur Terre. On a pu trouver des fossiles de plantes, de poissons, de trilobites, d’étoiles de mer, de coraux, de reptiles marins ou encore de dinosaures ! Avec tout ça, on a pu voir à quoi ressemblent différents types de fossiles. Ça nous aidera sur le terrain dans les prochains jours ! En plus, tous ces éléments vont nous permettre d’avoir davantage de contexte sur les périodes auxquelles correspondent les fossiles que l’on découvrira cette semaine.
Après la pause de midi, on a repris le temps sciences en découvrant la carte géologique de la France : une carte avec des couleurs partout. Elles montrent les différents types de roches (granites, sédiments…) et leur âge. Par exemple, le bleu correspond à la période géologique du Jurassique (-201 à -143 millions d’années) et le vert correspond à celle du Crétacé (-143 à -66 millions d’années).
Ça nous a permis de voir à quoi ressemble une carte géologique et à quel point elle est importante. En tant que paléontologue, on en a en effet besoin pour savoir dans quelles couches géologiques on se situe, notamment pour connaître l’âge des fossiles qui s’y trouvent.
Ensuite, on nous a montré le logiciel QGIS, un logiciel gratuit qui permet de créer ses propres cartes géologiques. C’est très pratique, car ça nous permet d’isoler, dans le logiciel, les couches géologiques qui nous intéressent le plus pour y voir plus clair.
On a terminé la journée en allant faire un peu de terrain pas loin du centre. Comme ça, on se familiarise avec les grandes expéditions que nous ferons dans les prochains jours.
Au passage, nous avons trouvé quelques rostres de bélemnites du Crétacé. Ce sont les coquilles internes de mollusques qui ressemblent à des seiches. On n’en a pas trouvé beaucoup, mais ce n’est pas grave, car on sait que demain, on verra bien plus de fossiles !
Mardi 21 juillet 2026
Aujourd’hui, nous nous sommes levés à 7 h 00 pour une grosse journée de fouilles.
Après le petit-déjeuner, nous sommes partis vers le premier site, situé à une quarantaine de minutes du centre.
Après nous être garés et avoir un peu marché, nous sommes arrivés sur notre site de fouille. Il est composé de marnes et de calcaires datés de la période géologique du Crétacé, plus précisément d’une de ses sous-divisions appelée le Valanginien. Florian et Zack nous ont expliqué que ces roches se sont formées il y a 134 millions d’années dans un océan, ainsi que tous les types de fossiles que l’on peut trouver sur le site : des ammonites (des sortes de pieuvres dans des coquilles en spirale), des bélemnites, des brachiopodes, des gastéropodes (des escargots) et des mollusques bivalves. Avec beaucoup de chance, nous pouvions trouver des restes fossilisés de poissons, de crocodiles, de requins ou de reptiles marins.
Nous avons commencé nos fouilles, chacun de notre côté, sous la surveillance des deux animateurs, afin d’apprendre à reconnaître les fossiles sur le terrain.
Après les fouilles individuelles, nous sommes montés sur un relief où nous avons délimité trois couches grâce aux niveaux de calcaires, faciles à repérer, puis nous avons échantillonné l’une d’elles. Nous avons trouvé beaucoup d’ammonites, reconnaissables à leurs sutures de croissance en forme de feuilles de chêne. Cela peut être utile lorsqu’on a affaire à des ammonites déroulées, afin de ne pas les confondre avec des bélemnites.
Puis, nous avons fait une pause pour pique-niquer avant de former deux groupes : l’un est resté se reposer, tandis que l’autre est parti en exploration autour du site afin de trouver des zones à échantillonner.
Nous avons trouvé une autre zone riche en fossiles. Nous l’avons échantillonnée et, cette fois, nous avons trouvé beaucoup d’ammonites, davantage de bélemnites (y compris une aplatie), des gastéropodes et même un brachiopode ! Nous les identifierons au labo demain pour voir s’il existe des différences nettes entre les espèces provenant des différentes zones de prélèvement.
Nous sommes ensuite partis de ce premier site pour en rejoindre un autre, situé un peu plus loin. C’est un tout nouveau site que Zack a découvert il y a peu de temps. Nous avons donc pris la voiture puis marché un petit moment avant d’arriver sur le site qu’il souhaitait nous montrer. Il est composé de marnes datées du Jurassique, plus précisément de sa sous-division appelée l’Oxfordien, datée d’environ 158 millions d’années. Il est donc un peu plus ancien que le site précédent.
Ce site a la particularité de contenir des nodules. Ce sont des boules de roche qui peuvent renfermer des fossiles. Nous avons trouvé des fragments d’ammonites dans ces nodules, ammonites que nous avions d’ailleurs également observées dans les marnes. Ces nodules du Jurassique sont prometteurs, car ils peuvent aussi contenir des fragments de vertébrés fossilisés provenant de poissons, de reptiles marins ou de crocodiles ! On va y retourner pour explorer ce nouveau site et y faire de belles trouvailles au cours de la semaine !
Mercredi 22 juillet 2026
Après notre journée de collecte sur deux sites la veille, nous sommes retournés au labo aujourd’hui pour trier nos fossiles.
Nous avons d’abord trié les fossiles les plus facilement reconnaissables les uns des autres, à savoir les bélemnites (droites et en calcite), les ammonites déroulées de la famille des Bochianitidés (droites, en pyrite et reconnaissables à leurs lignes de suture en forme de feuilles de chêne) et les ammonites de la famille des Néocomitidés (reconnaissables à leurs côtes bien visibles).
Après avoir trié ces trois premiers groupes de fossiles, nous avons recherché les plus difficiles à distinguer. Parmi nos ammonites, on risque de confondre celles de la famille des Phyllocératidés avec celles des Haplocératidés (attribuées au genre Neolissoceras). La différence entre ces deux groupes d’ammonites n’est pas évidente à voir, mais elle peut se faire au niveau de la forme de leurs lignes de suture : celles des Phyllocératidés sont bien plus complexes que celles des Neolissoceras.
Enfin, nous avons reconnu d’autres familles d’ammonites, comme les Olcostéphanidés (des ammonites globuleuses) et les Lytocératidés (des ammonites dont la section des tours est très arrondie).
On a aussi reconnu quelques aptychi, des fragments de l’appareil buccal des ammonites, des gastéropodes et même un brachiopode. Nous avions également beaucoup d’ammonites trop abîmées pour être identifiées. Nous avons enfin collecté quelques fossiles dont nous ne savons pas de quel animal ils pourraient provenir.
Au final, le bilan est intéressant : nous avons pu collecter 857 fossiles sur notre premier site de fouille, le matin, et 135 sur le second. En reportant les différents groupes de fossiles que nous avons identifiés dans un tableur, on peut constater que la proportion des différentes familles d’ammonites varie. En plus, une ammonite caractéristique et épineuse appelée Saynoceras (28 spécimens), présente sur le premier site, est absente du second.
Tout porte à croire que le second site est d’un âge et d’un environnement différents de ceux des couches de roches repères du premier site de fouille. Il faudra voir à l’avenir dans quelles proportions.
En parallèle, nous avons testé les machines du labo. Elles permettent d’enlever les excès de poussière des fossiles ou de retirer la roche qui les entoure afin de mieux les mettre en évidence. Tout le monde a pu embellir au moins un de ses fossiles !
À la fin, nous avons pris quelques minutes pour ouvrir les nodules que nous avions ramenés de notre tout nouveau site de fouille la veille. Ils sont assez durs à casser, mais avec de la persévérance, on finit par voir ce qu’il y a dedans. Malheureusement, il n’y avait presque pas de fossiles dans ceux que nous avons ouverts.
Mais nous allons retourner demain sur ce site à nodules. Il y a tout un secteur à explorer, avec la possibilité de trouver des fossiles très intéressants. On va passer en mode aventurier et voir ce que ces nodules nous réservent !
Jeudi 23 juillet 2026
Aujourd’hui, nous sommes retournés sur le nouveau site découvert l’autre jour. Après un départ tôt le matin et une bonne grimpette dans les vallons de la Drôme, nous sommes arrivés aux couches qui nous intéressent pour réaliser nos fouilles : des marnes datant de l’Oxfordien (-161 à -155 millions d’années), une sous-division du Jurassique.
Nous y sommes allés principalement pour rechercher les nombreux nodules présents à la surface des marnes, parfois enfouis. Ces nodules, des concrétions rocheuses généralement rondes et lisses, de tailles variées, peuvent parfois contenir des ammonites, comme nous l’avions vu l’autre jour lors de notre bref passage. Mais il est également possible qu’ils renferment d’autres fossiles, comme des dents de poissons ou même des ossements de vertébrés, notamment de reptiles marins.
En nous approchant du site, nous pouvions distinguer trois vallons. Sur les trois, un seul a déjà été fouillé, avec peu de succès concernant la découverte d’os de vertébrés. La majorité des nodules étaient vides, mais quelques fossiles d’ammonites de tailles variées étaient néanmoins présents à la surface des marnes. Nous tenterons de les identifier demain.
Comme les deux vallons restants feront sûrement l’objet d’autres sessions de fouilles lors des prochains séjours, nous avons décidé de partir à la recherche de chemins permettant d’y accéder plus facilement. Nous avons découvert de magnifiques paysages, mais aucun chemin ne permettait de rejoindre les deux autres vallons.
Ce sera une mission pour les prochains séjours ! Nous avons tout de même trouvé un endroit où affleurent des calcaires assez durs, dans lesquels nous avons découvert quelques ammonites, dont une de belle taille.
Vendredi 24 juillet 2026
Aujourd’hui, après une grosse journée de terrain la veille, nous approchons du jour de la retransmission ! Ce sera l’occasion de présenter tout ce que nous avons appris à tout le monde dans la colo. Il y aura un stand où nous pourrons exposer les fossiles et les outils que nous avons utilisés cette semaine. Après les stands, nous ferons une présentation orale.
Nous avons donc commencé à préparer notre présentation. Nous nous sommes orientés vers un diaporama afin que tout le public puisse bien voir nos trouvailles de la semaine et illustrer au mieux nos explications.
Nous nous sommes répartis en plusieurs groupes : Antoine, Léon et Alexandre ont travaillé sur le plan de la présentation ; Lola a préparé le plan de notre stand et a réparé une grosse ammonite trouvée hier, qui pourra ainsi être exposée sur notre stand ; Axel, Louis, Adonios et Soan ont travaillé sur l’identification des fossiles trouvés hier. Chacun a pu participer à tous les groupes.
À la fin de cette journée, nous avons la trame de notre présentation, nos premiers plans d’organisation pour notre stand et nous avons pu mettre quelques noms sur nos ammonites du Jurassique trouvées hier. Nous avons peut-être des ammonites des genres Sowerbyceras et Perisphinctes. Mais comme elles sont très incomplètes et en mauvais état, nous ne pouvons pas en être certains. Il faudra en trouver davantage, et mieux préservées, lors des prochains séjours.
Nous terminerons les derniers préparatifs de la retransmission demain.
