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« Sur les Traces des Dinosaures » du 2 au 12 août 2018, (...)

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Le Journal de Bord

Jeudi 2 août 2018 :
Tout le monde est bien arrivé au gîte du barrage d’Emosson. Très vite des liens se créent et le groupe a l’air bien dynamique. Certains aident à la préparation du repas du soir… d’autres feront la vaisselle par la suite.

La vue depuis la chambre sur le Mont Blanc

Après le repas, nous faisons un petit jeu de présentation. La soirée se finit au calme dans les chambres. C’est déjà l’heure de dormir car demain la première randonnée nous attend.

Vendredi 3 août :

Jules nous raconte comment il a ressenti cette première sortie :
"Aujourd’hui nous allâmes marcher sur un sentier passant dans la montagne nous révélant la beauté brute de la nature d’altitude, une nature faite de roche et de neige dans laquelle perdure tout de même une flore riche.
La faune quant à elle se sera montrée timide en ce premier jour, ne nous laissant apercevoir que quelques marmottes et un chamois observés pendant de brefs instants.

Nous eûmes aussi le plaisir de nous rendre sur un site paléontologique où des vertébrés tétrapodes antérieurs aux dinosaures ont marqué de leurs pas le sol nous laissant apparaître d’incroyables traces de leur présence sur terre.

Ce soir nous rentrons fatigués mais heureux d’avoir pu être témoins de l’enchanteresse beauté des paysages alpins ainsi que du passage de formidables créatures préhistoriques."

Demain il est prévu que nous retournions sur le même site afin d’élaborer la carte d’identité des empreintes d’archosaures. Pour se faire, il nous faudra être encordés car la déclinaison assez importante ne nous permettra pas de prendre des mesures facilement en toute sécurité. Nous aurons donc à monter le matériel d’assurage.

Samedi 4 août :
Ce matin le départ se fait à l’heure mais très vite certains décrochent dans la montée. Hier l’allure amenée par certains a peut être été un peu trop soutenue. Sur une expédition de cinq ou dix jours en montagne, il faut apprendre à gérer l’altitude, le dénivelé et la distance. Qu’importe, nous faisons route arrière à mi-parcours. Après cette petite excursion et une après-midi de repos, les organismes vont mieux apprécier la prochaine sortie.

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Dimanche 5 août :
Après une bonne nuit de repos, nous repartons pour une nouvelle ascension. Le rythme plus souple permet à l’ensemble du groupe d’arrivée sur le site de la dalle de Veudale en environ deux heures. La première montée avait durée presque trois heures.
Cette zone est formée d’un long affleurement de gré du Trias identique à celui du site du Vieil Emosson. Les dalles sont morcelées en plusieurs plaques de plusieurs dizaines de mètres de long et d’environ dix mètres de haut. Malgré une forte déclinaison, le grain accrocheur du gré nous permet de nous déplacer dessus sans difficulté et en sécurité.

Malgré la similitude avec le site proche des empreintes d’archosaures, nous ne parvenons pas à distinguer significativement des traces ou des pistes. Les dalles ont un relief fortement érodé et les traces suspectées d’être des empreintes doivent être comparées à celles de l’autre site afin de confirmer la présence ou non du passage des archosaures dans cette zone.

Après avoir parcouru l’ensemble des parties accessibles sans découverte probante, nous décidons de repartir sur le site du Vieil Emosson pour visiter des dalles un peu plus excentrées avec d’autres pistes.

Après une grosse séance de prise de vues, nous repartons au gîte. La journée a été bien remplie et ce soir pour redonner du tonus aux organismes un peu émoussés, les moins fatigués se relaient pour préparer des crêpes dont nous nous délectons dans la foulée.

Lundi 6 août :
Aujourd’hui nous faisons une rapide recherche d’une nouvelle zone à empreintes mais sur l’autre versant du lac. Nous partons en début d’après midi dans la direction du col de Barberine. Avant la montée vers le col nous bifurquons sur un chemin très végétalisé. Malheureusement, les grés du Trias pouvant contenir des pistes sont soit sous la végétation soit inaccessibles car formant des falaises se jetant dans le lac.

Mardi 7 août :
Ce matin c’est le départ pour certains. Ils vont quitter le reste de l’équipe la tête pleine de beaux souvenirs. Jules nous fait remarquer qu’il n’a jamais autant marché en si peu de temps. Durant ces cinq jours, nous avons totalisé 35 kilomètres de distance parcourue à pied et un dénivelé d’environ + 1300 mètres.

Ceux qui restent dix jours font un premier petit bilan des données relevées sur le terrain. Certains représentent la cartographie des zones prospectées pendant que les autres étudient la morphologie des empreintes.

En début d’après-midi, nous partons faire une petite marche digestive tout en souplesse afin de rester actif, travailler un peu son souffle et se préparer activement à la grosse randonnée de demain.

Mercredi matin, ce sera le départ pour le bivouac sur la zone d’Emaney. Nous rentrerons jeudi en fin de journée.

Le mercredi 8 août :

Nous partons vers 8 heures pour faire l’ascension du col de Barberine le matin. Quelques averses sont prévues pour l’après-midi. Nous arrivons en haut en moins de 2h30.

Du haut du col nous pouvons déjà voir la zone de gré rouge datant du Trias. C’est là notre objectif. Nous entamons une courte descente et commençons par installer notre campement sur une zone abritée et plate (à peu près).

Après le pique-nique, nous partons explorer ces dalles. Dès les premières zones inspectées nous commençons à voir des marques suspectes.

Mathias en découvre plusieurs similaires et qui semblent alignées. C’est la première piste que nous trouvons ! Elle se positionne sur deux dalles successives. La première partie d’environ 4 m est formée de dix pas. Lucas mesure chaque empreinte et les espacements entre les traces. Nous restons stupéfaits devant la régularité de l’écartement entre chaque pas qui est de 43+ /- 1 cm.

Dans l’après-midi en tout, pas moins de sept pistes sont découvertes et référencées sans compter les empreintes isolées (référencées elles aussi). Ce premier travail de repérage va permettre de donner de précieuses informations au museum de Genève.

Nous passons la soirée devant nos tentes à observer les bouquetins qui se rapprochent tranquillement jusqu’à ce que la pluie nous fasse aller nous coucher.

Jeudi 9 août :

Au réveil le ciel est dégagé et nous pouvons déjeuner tranquillement ainsi que ranger les tentes sous le soleil.
Nous choisissons de prendre la direction de l’alpage d’Emaney un peu plus bas puis de retourner sur Emosson en passant par le col de Fenestral. A l’arrivée à l’alpage une petite collation nous requinque avant d’entamer l’ascension plutôt raide dès le départ. Le ciel s’est couvert et l’arrivée au col se fait juste avant la pluie. La descente est raide mais moins technique que celle de la combe d’Emaney.
La seconde partie du retour se fait avec une bonne allure malgré la fatigue générale et nous arrivons en milieu d’après-midi au gîte. Cette belle boucle fut très enrichissante pour les recherches menées mais également par rapport à l’accomplissement de l’expédition, du dépassement de soi et de l’achèvement (presque) d’une aventure durant laquelle il a fallut se donner la peine de puiser un peu dans ses réserves pour en revenir la tête chargée d’images inoubliables.

Lors de ces deux jours, nous avons parcouru 17 kilomètres en 8 heures avec un dénivelé positif de 1200 mètres.
Vendredi 10 août :
Journée de repos aujourd’hui, sous un ciel bien chargé et une pluie fine, nous préférons profiter de ce retour de bivouac pour nous reposer et travailler un peu le projet à l’intérieur. Nous affinons la carte représentant les zones prospectées. Nous élaborons une carte détaillées des dalles de la Combe d’Emaney avec chaque piste référencée. Enfin à l’aide des différents clichés faits et des mesures prises, nous représentons « l’empreinte caractéristique » des pistes du Vieil-Emosson comparée à un des trois types d’empreintes observés sur la zone de la Combe d’Emaney.
Dans l’après-midi le soleil sort un peu et nous en profitons pour faire quelques parties de Molkky avant l’heure du goûter.

Samedi 11 août :
Nous achevons c’est dix jours par une dernière sortie sur une zone encore non prospectée entre le barrage du Vieil-Emosson et le nouveau barrage.
Malheureusement, nous nous apercevons que l’accès final est impossible. Nous déjeunons à côté du barrage avant de redescendre par un autre sentier.

En fin d’après-midi c’est la retransmission de ce que nous avons vu tout au long de ces dix jours d’expédition que nous présentons dans la salle du restaurant du gîte d’Emosson.

Ce poster illustre bien ces dix jours passés riches de nombreuses informations récoltées par l’ensemble de l’équipe. Cela nous permet de voir les pistes d’évolution possible comme le repérage de zones difficiles d’accès grâce au drone volant, l’étude plus fine de la morphologie des traces d’Emaney afin de voir s’il s’agit de plusieurs espèces différentes et enfin, de continuer à recenser les pistes découvertes pour le Museum de Genève.

Ce travail a été effectué tout au long des dix jours et a nécessité de nombreux efforts aux participants qui, au terme du séjour, auront parcourus environ 65 kilomètres et presque 3000 mètres de dénivelé positif. Bravo à tous !

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